Allez à Roubaix et demandez à voir des friches industrielles, on vous emmènera visiter la « Piscine ». Vous serez séduits par le lieu, l’ancien bassin de style art-déco a été réhabilité, des lumières chaudes envahissent l’espace. Vous pourrez voir peintures et sculptures puis boire un verre à la cafétéria. Mais en repartant vous aurez la vague impression de vous être fait berner. Quel est le rapport avec les friches industrielles ?

Piscine et bains publics des années 30 (avant réhabilitation)
Le « Musée d’Art et d’Industrie André Diligent », car tel est le vrai nom du musée, devrait pourtant être la référence roubaisienne en matière de mémoire industrielle. Or le conservateur semble vouloir se débarrasser de l’industrie comme d’un chewing-gum qui colle à la semelle. En août 2008, la chambre régionale des comptes lance un pavé dans la piscine. Sévère sur les comptes financiers largement déficitaires et sur l’inorganisation globale de la structure, elle constate que certaines oeuvres textiles ne sont même pas répertoriées et qu’il faudrait l’embauche d’un conservateur adjoint chargé de la mémoire textile. Et de conclure, « la chambre souligne le retard pris dans l’exploitation et la valorisation du fonds textile qui constitue l’objet majeur du projet scientifique. »
Mise en garde sans effet, le visiteur devra continuer à se contenter des quelques tissus exposés dans la galerie en plus de la collection de peinture XIXème sans grand intérêt. Le curieux qui regardera le site internet du musée ignorera qu’il s’agit d’un « Musée d’Art et d’Industrie ». Seuls les explorateurs intrépides qui pourront accéder aux réserves du musée seront comblés car c’est bien là que se trouvent la friche et la mémoire industrielle.
source : http://www.ccomptes.fr/fr/CRC18/documents/ROD/NPR200804.pdf
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